Accueil / Marchés / Cotation Groupe Open / Actus Groupe Open
Groupe Open
Bourse France OPN - FR0004050300
33,50 € +0,00%
Actualité publiée le 03/08/26 10:25

MiFID : l’écoute exhaustive est devenue une fiction réglementaire selon Open Lake Technology

(ABC Bourse) - Et si l’un des piliers de la conformité MiFID reposait désormais sur une illusion opérationnelle ? Pour Antony Derbes, Président d’Open Lake Technology, la capacité des établissements financiers à écouter et analyser l’intégralité des communications enregistrées n’est plus réaliste face à l’explosion des volumes de données.

Alors que la réglementation européenne impose d’enregistrer les échanges liés aux ordres et de démontrer l’application effective de la politique de meilleure exécution des ordres, dite "best execution", la question centrale n’est plus la conservation des preuves. Elle est devenue celle de leur compréhension, dans un contexte où des centaines de milliers de communications s’accumulent chaque année.

Un mur mathématique face aux exigences de MiFID

Pendant des années, la conformité MiFID s’est structurée autour d’un principe simple : enregistrer les communications afin de pouvoir les produire en cas de contrôle. Cette logique atteint aujourd’hui ses limites.

Un établissement de taille moyenne employant 150 conseillers peut générer une vingtaine d’échanges professionnels par jour et par collaborateur liés à des opérations financières. Cela représente près de 3 000 communications quotidiennes, soit plus de 700 000 sur une seule année.

Même avec une équipe conformité expérimentée, écouter, retranscrire, analyser et documenter manuellement un tel volume s’avère irréalisable. Le contrôle exhaustif est devenu matériellement impossible. Dans les faits, la majorité des établissements fonctionnent par échantillonnage. Une méthode pragmatique, mais qui soulève une interrogation : comment démontrer l’application effective d’une politique de conformité sur l’ensemble des flux lorsque seule une fraction des communications est réellement analysée ?

Les obligations réglementaires convergent pourtant vers une même exigence : être capable d’apporter la preuve, à tout moment, que les pratiques sont conformes. Il ne suffit plus d’affirmer que les procédures existent. Il faut démontrer leur application concrète.

Une responsabilité élargie au-delà du RCCI

La question ne relève plus uniquement des équipes conformité. Produire une piste d’audit complète mobilise désormais les systèmes d’information, la direction des risques et la gouvernance.

En cas de contrôle, l’établissement doit non seulement retrouver un enregistrement, mais aussi expliquer comment il a été capté, conservé, analysé et pourquoi il n’a pas échappé au dispositif de surveillance. La conformité devient un sujet d’architecture et d’organisation globale.

L’idée selon laquelle chaque communication pourrait être revue par un collaborateur ne correspond plus à la réalité opérationnelle. L’enjeu ne consiste pas à augmenter les effectifs dédiés au contrôle, mais à transformer la manière dont il s’exerce.

L’intelligence artificielle redéfinit le contrôle

Les technologies d’analyse automatisée permettent aujourd’hui de retranscrire les échanges, de détecter des situations atypiques ou des signaux de risque et de hiérarchiser les communications nécessitant une intervention humaine.

Le rôle du RCCI évolue. Il ne s’agit plus de rechercher manuellement des anomalies dans un flux massif de données, mais de qualifier et d’interpréter des informations préalablement identifiées comme pertinentes. Le jugement humain se concentre sur les cas à valeur ajoutée.

Trois questions structurent désormais l’évaluation d’un dispositif de conformité : quel est le pourcentage réel de communications effectivement analysées ? En combien de temps l’établissement peut-il produire une piste d’audit complète sur plusieurs semaines ? Les mécanismes de contrôle couvrent-ils l’ensemble des flux ou uniquement des échantillons ?

Avec la multiplication des outils collaboratifs et des canaux d’interaction entre conseillers et clients, les volumes de données continueront de croître. La conformité entre dans une nouvelle phase : hier centrée sur la conservation des preuves, elle se focalise désormais sur la capacité à les comprendre et à les exploiter intelligemment.

© AbcBourse.com. Tous droits réservés

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le avec vos amis avec les boutons ci-dessous.

Soyez le premier à réagir à cet article

Pour poster un commentaire, merci de vous identifier.

ESJHK9P373e3eH8AcMo6KUBz9IXzcBMxDQMeuEJRfcSAz9zjq2CgKFquNQXIi2Ec